Syrie : Le silence tue

Forum de solidarité avec la résistance syrienne au Cenquatre

Lundi 19 novembre 2012 de 18 h à 22 h
Le CentQuatre, établissement artisitique de la ville de Paris, salle 200
5, rue Curial, Paris 19 e

Communiqué

Après 21 mois de soulèvement en Syrie, le décompte des victimes (au-delà des 35.000 morts) ne suffit plus à rendre compte de la violence du choc entre une population massivement dressée contre la dictature et un clan de prédateurs arcbouté sur ses privilèges. Pour Bachar Al-Assad, la chasse aux rebelles passe par la destruction des villes et la dévastation des campagnes. Déjà plus de 320.000 réfugiés se pressent aux frontières et davantage encore à l’intérieur du pays. L’aide internationale leur parvient au compte-goutte en dépit des déclarations officielles.

Les trois vetos consécutifs de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l’ONU semblent avoir sonné le glas de la « responsabilité de protéger » les civils et même les enfants, pris pour cibles. Notoirement sous-équipée, la résistance réclame des moyens de défense contre les chars, les avions, les hélicoptères. Les gouvernements occidentaux restent sourds à son appel sous prétexte de ne pas encourager la prolifération des armes, alors que les affidés du pouvoir boutent le feu aux pays voisins.

Pour les citoyens, des moyens d’agir demeurent cependant. Les initiatives se multiplient dans divers milieux professionnels, de la part des artistes et des intellectuels, mais aussi des journalistes, des juristes et des médecins. Il y a urgence à porter secours aux blessés, aide aux réfugiés et réconfort aux anciens détenus, systématiquement torturés. Urgence encore à procurer des moyens de communication aux opposants. La justice internationale doit être saisie face à ces crimes contre l’humanité. Il importe de sensibiliser les opinions publiques en démontant la propagande de Damas, qui agite le chiffon vert du péril salafiste tout en fomentant des conflits interconfessionnels. Il reste enfin beaucoup à dire et à faire pour que les autorités françaises et européennes réalisent que le peuple syrien ne saurait être abandonné à la vengeance d’un dictateur.

Un programme de débats : programme détaillé à télécharger sur  http://souriahouria.com/2012/11/12/communique-syrie-le-silence-tue

  • Lecture de textes d’auteurs syriens
  • Printemps arabe, automne syrien
  • Homs, Alep, Damas : l’horreur au quotidien
  • Urgence humanitaire aux frontières
  • Témoignages de résistants de l’initérrieur
  • ONU attentiste, Europs spectatrice
  • La résistance, combien de divisions ?
  • Ici et maintenant, les voies de la solidarité
  • Clôture musicale

 

Le Prix Nobel de la Paix 2013 au Peuple Syrien

Un texte de René Natowicz

En mars 2011 le Peuple Syrien s’est levé contre la barbarie d’un régime assassin, d’un régime terroriste dans ses frontières et hors de ses frontières. Il s’est levé pour la démocratie, pour la liberté.

Pendant des mois les citoyens syriens ont manifesté pacifiquement. Les militants de la non-violence ont été enlevés, torturés et assassinés. La ville de Daraya, berceau syrien de la non-violence a été noyée dans le sang.

Les répressions mortelles des manifestations pacifiques sont des crimes contre l’humanité. On peut voir sur internet des régiments et des milices tirer sur les manifestants désarmés. On peut voir les hélicoptères tirer sur ces manifestants. On peut voir des tirs de missiles par des hélicoptères sur les enterrements des manifestants. On peut voir les bombardements aveugles de l’aviation. On peut lire les rapports d’Amnesty International et de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU. Ces faits sont documentés. Nul ne peut dire qu’il n’a pas connaissance des massacres perpétrés par le régime des Assad depuis plus de dix-huit mois.

Pendant des mois les Syriens ont demandé l’intervention des Casques Bleus de l’ONU pour les protéger de la répression, pour les protéger des crimes contre l’humanité, crimes quotidiennement documentés par les vidéos diffusées sur internet par les citoyens syriens au péril de leur vie.

Les Casques Bleus, force d’interposition de l’ONU, ont reçu le prix Nobel de la paix en 1988. C’est la protection de cette force internationale que les syriens ont demandée pendant des mois de manifestations pacifiques massacrées. Mais l’ONU, paralysée par le véto russe et chinois, n’a pas envoyé sa force d’interposition. Les soldats qui refusaient de tirer sur les manifestants étaient abattus. Certains ont réussi à faire défection et se sont regroupés dans leurs villes et leurs villages pour tenter, en l’absence du secours de l’ONU, de protéger la population désarmée. C’est ainsi que l’Armée Syrienne Libre fut créée, pour s’interposer entre les forces du régime criminel et les manifestants désarmés.

Le Peuple Syrien s’est soulevé pour ses droits, pour la démocratie, pour la liberté. Il s’est engagé pacifiquement dans une lutte contre la tyrannie d’un régime d’assassins. La répression du régime fut d’une férocité absolue. Et l’abandon du Peuple Syrien par l’ONU et les gouvernements occidentaux fut lui-aussi, absolu.

Qu’ont fait les états occidentaux pour venir en aide au Peuple Syrien ? Ils n’ont pas envoyé de force d’interposition. Puis quand l’Armée Syrienne Libre fut créée ils ne lui ont pas donné d’armes. Les hélicoptères, les avions et les tanks du régime des Assad continuent à bombarder, et les milices à massacrer.

Que font la Russie et l’Iran ? Ils fournissent en armes le régime des Assad. Les milices iraniennes sont en Syrie. Elles massacrent aux côtés des milices du régime.

Le Peuple Syrien mérite le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte contre la barbarie, pour la liberté, pour le droit, pour la démocratie. Le soldat qui a refusé de tirer sur les manifestants désarmés mérite le Prix Nobel de la Paix. Ce soldat qui est retourné dans sa ville ou son village pour protéger les manifestants sur lesquels on l’obligeait à tirer, ce jeune homme mérite le prix Nobel de la Paix. Les citoyens syriens abandonnés à une répression d’une violence inouïe par nos gouvernements et l’ONU, contraints de créer une armée pour se protéger puis lutter contre le régime assassin, méritent le prix Nobel de la Paix. Les médecins, les citoyens-journalistes, les citoyens syriens qui apportent une aide au quotidien, pour l’accueil et la survie des déplacés, méritent le Prix Nobel de la Paix.

L’ensemble du Peuple Syrien qui, malgré le régime de terreur, a eu le courage de se lever pacifiquement pour sa liberté, pour le droit, pour la démocratie, mérite le Prix Nobel de la Paix.

Nous demandons que le Prix Nobel de la Paix 2013 soit attribué au Peuple Syrien.

www.GiveTheNobelPeacePrizeToTheSyrianPeople.net

Paris, le 25 octobre 2012